VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE DESSERT ?

Nelly Barad

22 février 2021

© Marie-Antoinette, Sofia Coppola (2006)

Quel est le point commun entre…

Une pâtisserie d’amoureux d’abord. Celle que le jeune Patsy a payé la coquette somme de 5 cents pour l’offrir à Peggy dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. Une délicieuse charlotte russe, apportée dans l’espoir d’obtenir quelques faveurs de la part de la demoiselle, réputée peu farouche… Mais Peggy est dans  son bain et Patsy doit attendre devant la porte de l’appartement. Le temps s’étire, la pâtisserie pourtant joliment empaquetée s’ennuie, et le garçon succombe à la gourmandise. Avec discrétion tout d’abord, par petites touches invisibles, juste un doigt dans la crème en jetant des regards coupables et anxieux vers la porte… pour finir par engloutir littéralement tout le gâteau ! Lorsque la jeune fille sort enfin sur le palier, royale et méprisante, le sourire décomplexé de Patsy est juste ourlé d’un peu de crème fouettée. 

La charlotte russe était un dessert fort prisé à New York dans les années 30. Il s’agit d’une charlotte à base de biscuits à la cuillère ou de restes de génoise, trempés dans du rhum, avec pour garniture un mélange de crème anglaise et de crème fouettée. Et la cerise confite sur le gâteau !

© Il était une fois en Amérique, Sergio Leone (1984)

Restons dans le diététique et dégustons la spécialité de la pâtisserie Mendl’s, imaginée par Wes Anderson dans The Grand Budapest Hotel : la courtisane au chocolat !

© The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson (2014)

Œuvre d’art à l’équilibre fragile, cette pâtisserie est préparée par la charmante Agatha dont Zero Mustapha est amoureux. Mais cette religieuse à étages a une mission inattendue : cacher dans ses choux sucrés les outils nécessaires à l’évasion de M. Gustave, emprisonné à tort. Impressionnés par la délicatesse du dessert, les surveillants n’oseront pas les ouvrir pour vérifier leur contenu !

C’est un boulanger de Gorlitz en Allemagne, lieu du tournage, qui a créé cette merveille acidulée.

Voici même la recette :

« C’est une gourmandise ! » s’exclament les femmes de la Cour française lorsqu’elles découvrent la fiancée du futur Louis XVI.

La métaphore file tout le long du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola. La jeune épouse du roi (Kirsten Dunst, blonde et rose) promène sa frivolité dans un monde où règnent, de façon délicieusement anachronique, la mode, la musique et les douceurs.

Première source d’inspiration pour la réalisatrice : les macarons de Ladurée dont les couleurs pastel flirtent avec les décors et les costumes. Le pâtissier a préparé plus de mille macarons pour le tournage ! La confection des autres gâteaux et pâtisseries avait été confiée au chef cuisinier Marc Meneau.

Évidemment, la véritable Marie-Antoinette ne vivait pas entourée de pièces montées et de macarons assortis à ses toilettes, mais la folie colorée de Sofia Coppola nous transporte dans le monde insouciant et gourmand de la Cour de France, à des années-lumière de la vraie vie qui piétinait aux portes de Versailles.

© Inglourious Basterds, Quentin Tarantino (2009)

Celui-là, vous le reconnaissez ! C’est le fameux Apelstrudel servi dans un restaurant français à la clientèle franchement nazie dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino. Shoshanna (Mélanie Laurent) et Hans Landa (Christoph Waltz) se retrouvent à la même table et l’inoffensive pâtisserie va devenir le terrain du jeu cruel que mène le colonel face à la jeune fille juive. Sur le ton d’une conversation de salon, interrompue par les rituels du repas, l’assassin de la famille de Shoshanna s’amuse à un jeu pervers en la conseillant pour déguster la pâtisserie autrichienne : « Attendez la crème ! », un sourire énigmatique aux lèvres.

A-t-il reconnu la jeune femme ou est-il sincère ? Contrairement à Shoshanna qui soupire de soulagement après le départ de son bourreau, on reste sous tension pendant un moment après cette scène interminable.

Sorte de chausson en pâte feuilletée garni d’un mélange de pommes, amandes, raisins secs et cannelle, l’Apfelstrudel se sert traditionnellement surmonté d’une généreuse spirale de crème fouettée. Lors des grandes occasions, une cigarette à moitié fumée peut agrémenter le tout.

Vous avez encore faim ?

Une dernière douceur avant de partir :

Perfectionniste, Chaplin a tourné soixante-trois fois cette scène de La Ruée vers l’or !

Tenaillés par la faim dans leur cabane glaciale, les deux hommes se résolvent à manger une botte bouillie, extraite religieusement d’une marmite fumante.

Pour préserver le confort gustatif des acteurs, le cuir a été remplacé par de la réglisse et des nouvelles chaussures ont été préparées pour chacune des prises. Mais les excès de sucre viennent à bout des plus coriaces, même des chercheurs d’or… Victime d’un choc insulinique, Chaplin a même dû être hospitalisé !

Nelly Barad

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